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Le mensonge de Sherlock Holmes

dimanche 10 février 2019
Il y a quelques jours, je me suis endormie sur le film Mr. Holmes, dont je n’ai vu conséquemment que le début. Hier soir, j’ai revu ce début et je me suis encore une fois endormie sur le divan de mon salon, mais je me suis réveillée pour les dernières minutes et j’ai tout compris. Enfin, je n’ai pas compris la même chose que les auteurs des résumés du film que j’ai trouvés ce matin sur Internet. Ils ne m’ont pas influencée dans ma compréhension du message du scénario, car ce que je vais écrire maintenant est la transcription des notes manuscrites griffonnées dans mon lit la nuit dernière.
« Sherlock Holmes s’est retiré à la campagne où il est devenu apiculteur. Vieilli et déprimé, il se sent responsable du fait qu’une jeune femme venue le consulter, et à qui il avait dit la vérité, s’était peu après suicidée. Il repense à son frère qui avait au Japon femme et enfant. Il leur écrit pour leur révéler que Mycroft était un courageux agent secret mort au Service de sa Majesté. Cette première et sans doute dernière « incursion dans le monde de la fiction » lui procure un sentiment réparateur de devoir accompli. » 
Intéressant, mais bizarre. À cet instant, je cherche sur Internet en à savoir plus sur Mycroft et je lui trouve plusieurs destins et personnalités. Il faudra que je revois Mr. Holmes en après-midi ! Mais pas aujourd’hui, je suis invitée par mon fils et sa femme à la Tohu pour Songe d’une nuit d’été (sous moins 11 degrés).

Relativiser et raconter une autre histoire

lundi 1er octobre 2018
Ce matin, avec ma première gorgée de café, j’ai appris à RDI le décès de Charles Aznavour. Je me suis souvenue m’être trouvée dans les années 1980 à un endroit où j’étais certaine qu’il avait été là avant moi : au pied d’un panneau de signalisation dans le Sahara, celui d’une scène du film de guerre de 1961 : Un taxi pour Tobrouk.  Je ne parle pas de la murale en couleurs de Zagora (Tombouctou 52 jours de chameau), photographie incontournable des touristes, mais d’un simple écriteau qu’on découvrait dans les dunes sur la piste des caravanes, comme dans le film. Seulement voilà! le tournage s’était fait en Espagne, et non pas en Afrique du Nord où se déroule l’action, ce que m’apprend Wikipédia consulté in situ sur ma tablette électronique. En moins d’une minute, je relativise et je modifie mon «histoire personnelle». Et le mot «histoire» vient alors, comme par hasard, s’intégrer dans le contexte de la vie de ce monument disparu. Dans un extrait d’entrevue (je continue à boire mon café devant la télé), Aznavour dit au sujet de ses dernières chansons : «Le sujet est devenu moins important pour moi que la façon de raconter l’histoire.» La vie est une autofiction plus ou moins consciente.

L’argent et la littérature

samedi 8 septembre 2018

Vous pensez que je vais vous parler du sous-financement de la littérature ? Eh bien non ! Je viens de découvrir qu’entre 2004 et 2012, le billet canadien de 20 $ véhiculait en très petits caractères une citation de Gabrielle Roy, extraite de son roman La Montagne secrète. «Nous connaîtrions-nous seulement un peu nous-mêmes, sans les arts?» «Could we ever know each other in the slightest without the arts ?»

Où était ma curiosité dans ces années-là, pour n’avoir jamais remarqué cela? Il y a sûrement beaucoup d’autres citations sur les billets de la Terre. Me voilà engagée dans une nouvelle quête. M’aiderez-vous ?

Les faiseurs de calembour

Début de la collecte : 20 juillet 2018.
Ce matin, Marie Anne est arrivée au bureau toute rieuse, après avoir reçu sur son téléphone un calembour illustré.
Elle a proposé de le partager sur Facebook, et m’a suggéré d’ouvrir cette nouvelle section de mon blogue : « Les faiseurs de calembour ».


# 2 Calembour ………


# 1 Calembour anonyme
– Je vous ai tous réunis aujourd’hui parce qu’il y a un traitre par minou.


Calembours d’auteurs.

Tous les matins, je me lève de bonheur. (Jacques Prévert)

Entre deux mots, il faut choisir le moindre. (Paul Valéry)

J’suis dans un état… proch’ de l’Ohio. (Serge Gainsbourg)

Les voies (voix) de Sting et de Cohen

lundi 4 juin 2018

Ce soir à Art TV, Sting l’électron libre. Je ne voulais pas manquer ce documentaire. Depuis 1984, l’image de Sting que j’avais en tête venait de Dune, le film de David Lynch adapté du roman de Frank Herbert. Je le savais talentueux, j’ignorais tout de sa vie et j’avais oublié combien il est beau. Britannique, comme David Bowie et comme mon mari. Le même type de physique. Bon, cela explique mon intérêt pour le documentaire, mais je ne m’attendais pas à être à ce point captivée. plus « Les voies (voix) de Sting et de Cohen »

Ciné-club maison : les films

Films présentés et à venir, dont la thématique est la représentation au cinéma de littéraires fictifs : auteur, éditeur, professeur de littérature, critique littéraire, libraire, bibliothécaire, écrivain public, lecteur…

Pour manifester votre intérêt à participer un dimanche après-midi au prochain club-club maison (en français) de Danielle Shelton, le film 5, expédiez-lui un courriel: ds@danielleshelton.com
Gratuit pour les membres de la Société littéraire de Laval.   10$ pour les non-membres, au profit de la SLL. La discussion a lieu après le visionnement, autour d’un repas communautaire ou offert par l’hôtesse.

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«Conan le barbare aime la poésie» et autres traques insolites de la poésie et de la littérature au cinéma

dernière mise à jour : 2 juin  2018 – début de la recherche : 29 juillet 2017

J’adore le cinéma en chercheuse : je traque littéralement – et sans aucun a priori – la littérature dans les films. C’est donc une invitation à participer à ma traque de la littérature au cinéma : s’en tenir, s.v.p., aux situations inusitées. J’attends vos trouvailles

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Liens vers des recherches connexes.
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Le Docteur House et autres penseurs fictifs d’aphorismes

début de la recherche : 22 février 2018

Un aphorisme est un énoncé autosuffisant une fois sorti de son contexte. Il a cette particularité de se frayer un chemin dans notre esprit en provoquant d’autres pensées. Plusieurs auteurs littéraires s’y adonnent sciemment (par exemple, le poète lavallois Patrick Coppens : Pensées pensives). Mais, ce qui m’intéresse ici, ce sont les auteurs de scénarios cinématographiques ou télévisuels qui créent, probablement à leur insu, des personnages fictifs qui lancent des aphorismes au milieu des dialogues. Le premier qui a attiré mon attention est le personnage du Docteur House.  plus « Le Docteur House et autres penseurs fictifs d’aphorismes »

Shakespeare et cie dans les séries télévisées populaires

Quels personnages fictifs d’une populaire série télévisée fait cette citation d’un auteur célèbre?

Q 1 – «Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que n’en rêve votre philosophie.» .Hamlet [1601] – dans un dialogue avec Horatio – William Shakespeare
R 1 –Shane et Oliver, ensemble, dans l’épisode 1 de la série Les lettres orphelines.

Du Gilles Vigneault chanté à Jack Nicholson

jeudi 17 mai 2018

Dans mon article «Conan le barbare aime la poésie et autres traques insolites de la littérature au cinéma», je critiquais la traduction québécoise vulgaire de la comédie d’action Mon meilleur ennemi (le film 9 de ma liste). En revanche, aujourd’hui, j’ai des compliments à faire pour la traduction québécoise du film La promesse (réalisé par Sean Penn), où lors de la fête de retraite du détective Jerry Black (Jack Nicholson), ses collègues lui chantent : «Mon cher Jerry, c’est à tour de te laisser parler d’amour…» C’est le refrain de la chanson Gens du pays composée en 1975 par notre poète nationaliste Gilles Vigneault, et c’est sur le Mont-Royal en 1976 qu’il a invité les Québécois à le chanter lors des célébrations d’anniversaire en lieu et place de Bonne Fête ou Happy Birthday. Le film La promesse est sorti en 2001, du temps où on le chantait encore beaucoup, ce refrain de Vigneault. Mais ces dernières années, je l’ai moins entendu. Et vous ?

Robert Lalonde et le poisson du supermarché

mercredi 25 avril 2018

Je ne cacherai pas avoir une télé au pied de mon lit. Très utile en cas d’insomnie, les meilleurs documentaires étant souvent programmés au milieu de la nuit. Or, ce matin, j’ai retrouvé sur la tablette où je note irrégulièrement mon poids, cette phrase : «S’il n’y a rien de spécial, c’est que rien ne se passe.» Je pense l’avoir entendue au petit écran, mais je n’ai pas noté le nom de la personnalité qui a dit cela. Je ne pense pas que cela soit moi! Mais, après réflexion, peut-être est-ce de mon cru tant ces mots reflètent ma pensée. Je vis de cette façon et hier soir, j’ai eu la confirmation (si tant était besoin que cela me soit confirmé) que Robert Lalonde aussi vivait ainsi. Cette phrase résume la pensée d’un écrivain. Elle est processus de création. Hier soir, à la bibliothèque Gabrielle-Roy de Laval, Robert Lalonde a raconté avoir fixé du poisson dans le comptoir frigorifié d’un supermarché afin d’écouter discrètement une conversation entre des clients. Le poisson et les clients sont des matériaux littéraires susceptibles d’être utilisés dans la fabrication d’une de ses œuvres. Et moi aussi je suis un matériau puisque j’ai croisé Robert…
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Recommandation de lectures : tous les carnets d’écrivain de Robert Lalonde, le plus récent étant La liberté des savanes. Une phrase à la fois simple et complexe de ce recueil (page 18) pour clore cet article et ouvrir le temps : « J’ai mon plein de vitamines pour la journée. »

L’enfant, la BD et la philosophie

mercredi 7 mars 2018

C’était l’anniversaire de mon petit fils. La famille s’était entendue pour lui offrir des albums de la série de BD Les légendaires. Il avait demandé ce cadeau après avoir regardé les images du premier album reçu à Noël, sans rien lire. Alors, les six nouveaux albums (la série en compte 20 à ce jour) ont été mis sur une tablette, bien en vue, et une condition d’accès a été posée : lire le tome 1, pour accéder au tome 2 et ainsi de suite. Quelques jours plus tard, ma fille Marie Anne entend à son réveil du bruit dans la chambre de son garçon. Elle entrouvre la porte : elle le voit déjà tout habillé en train de lire sa 5e BD. Apercevant sa mère, son visage s’illumine et il s’écrit avec un enthousiasme que je vous laisse visualiser: «Maman, j’adore lire !» Mattias est un enfant autiste.

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Je ne suis plus un drôle d’oiseau ou un couteau suisse : je suis une slasheure

dimanche 25 février 2018 (+ les commentaires d’internautes)

Ce matin, un signet de l’Atelier 10 est arrivé dans ma boite de courriel, avec un lien vers un article du journal Le Devoir : Le nombre de «slasheurs» adeptes du pluritravail est en progression. Enfin, je mets un nom sur ma profession ! Je peux désormais cesser de me désigner comme un drôle d’oiseau ou un couteau suisse, je peux renoncer à expliquer que je suis une mordue du pluritravail qui carbure à la polyvalence et au multitâche, et que l’hyperspécialisation et le travail en silo, c’est très peu pour moi; je n’ai plus qu’à dire : « Je suis une slasheure». plus « Je ne suis plus un drôle d’oiseau ou un couteau suisse : je suis une slasheure »