Chapitre 2 : Lire oui! mais pas n’importe quoi!

lundi 13 novembre 2023 – lire l’article précédent (12 janvier 2022) et le suivant (27 décembre 2023)

Le chapitre 1, c’est mon blogue du mercredi 12 janvier 2022. Il y avait, et il y a toujours en moi une pulsion de croisade pour une éducation qui mérite ce nom. J’avais mis cette critique sur Babelio. Et voilà que ce que je dénonçais s’aggrave. Alors je reprends et j’en rajoute.
Je réitère ne pas comprendre que ce livre – Un cadavre de classe de Robert Soulières – censé être destiné aux jeunes de 12 ans ait eu un prix littéraire et soit devenu une lecture obligatoire dans certaines écoles du Québec, notamment à Laval. Pire encore, il y a une suite que les bibliothécaires et les profs recommandent, voire imposent aux ados : Un cadavre de luxe. Si j’ai lu ces inepties, c’est que ces livres ont été imposés à mon petit-fils, à l’école Georges-Vanier de Laval. Et cela fait des années que la Commission scolaire de Laval les met dans les mains de nos ados. J’ai trouvé sur Babelio cette critique signé cslaval, en date du 22 février 2010 : «Voici un roman plein d’humour pas drôle… Les élèves de secondaire un ne comprennent pas l’humour de l’auteur et trouvent l’histoire un peu simple. Par contre, roman idéal pour commencer à enseigner le schéma narratif.» Comme si le message et la forme n’avaient aucun lien.
Les jeux de mots de ces livres – de mauvais goût pour la plupart, en plus de n’être compréhensibles que par des adultes lettrés – font penser à Hôtel Transylvanie, une série de films aussi détestables que ce roman dans un contexte d’éducation. Est-ce vraiment cela que nous devrions transmettre à nos enfants: l’image d’un professeur incompétent détesté de tous et dont le principal de l’école ne parvient pas à «se débarrasser», l’acceptation sociale de l’expression de la haine envers lui, de la vengeance personnelle et de la satisfaction de le savoir enfin mort, les allusions grivoises, les raisonnements bêtes de personnages ignares, sans compassion (je pourrais continuer…)? 
De l’humour? Peut-être, mais pour qui et pour transmettre quel système de valeurs sociales? C’est mon Prix Citron. Poubelle. Dommage, car si le contenu narratif est on ne peut plus navrant, la structure originale pourrait soutenir une histoire contribuant «au développement du rôle de citoyen responsable, conscient de ses droits mais aussi de ses responsabilités» (extrait des «Orientations pédagogiques du ministère de l’Éducation du Québec). Est-il devenu rétrograde de proposer à nos jeunes des modèles de bon sens? 
Je ne dis pas qu’on doit rendre obligatoire la lecture des classiques européens (ce que certains ont proposé récemment dans des entrevues télévisées), je dis qu’il existe de la littérature québécoise contemporaine qui mérite d’y intéresser nos ados. Que ces romans-là de Robert Soulières n’en font certainement pas partie. Je demande au ministère de l’Éducation et aux Centres de services scolaires de réfléchir aux conséquences de ces lectures, je suggère de former un comité indépendant de lecteurs pédagogues pour établir des critères de choix et une liste de lectures dignes de nos valeurs québécoises citoyennes et positives. Une liste qui résiste aux pressions des maisons d’édition, si cela existe actuellement. Et à l’idée aberrante qu’il n’y a que ce genre de littérature qui intéresse les ados.
Le philosophe Normand Baillargeon, entendu au Canal Savoir, me donne raison. Lui et moi – et j’espère de nombreux adultes des milieux de l’éducation –, partageons cette posture professionnelle: en bref, pour transmettre une culture générale, il faut s’inscrire dans une logique de propositions, l’inverse de la logique dominante de réponses à une demande. 
J’ai un Ph.D. en éducation, un brevet d’enseignement. Je suis prête à m’investir dans un projet de propositions de lectures formatrices pour nos ados. C’est important et urgent. Quelqu’un me suit?

Chapitre 1 : Lire oui! mais pas n’importe quoi!

mercredi 12 janvier 2022 – lire la suite 2 (13 novembre 2023) et 3 (27 décembre 2023)

Il y a en moi une pulsion de croisade pour une éducation qui mérite ce nom. J’ai mis cette critique sur Babelio.

«Je ne comprends pas que ce livre censé être destiné aux jeunes de 12 ans ait eu un prix littéraire et soit devenu une lecture obligatoire dans certaines écoles du Québec, notamment à Laval. Les jeux de mots – de mauvais goût pour la plupart, en plus de n’être compréhensibles que par des adultes lettrés – font penser à Hôtel Transylvanie, une série de films aussi détestables que ce roman dans un contexte d’éducation. Est-ce vraiment cela que nous devrions transmettre à nos enfants: l’image d’un professeur incompétent détesté de tous et dont le principal de l’école ne parvient pas à «se débarrasser», l’acceptation sociale de l’expression de la haine envers lui, de la vengeance personnelle et de la satisfaction de le savoir enfin mort, les allusions grivoises, les raisonnements bêtes de personnages ignares, sans compassion (je pourrais continuer…)? De l’humour? Peut-être, mais pour qui et pour transmettre quel système de valeurs sociales? C’est mon Prix Citron. Poubelle. Dommage, car si le contenu narratif est on ne peut plus navrant, la structure originale pourrait soutenir une histoire contribuant «au développement du rôle de citoyen responsable, conscient de ses droits mais aussi de ses responsabilités» (extrait des «Orientations pédagogiques du ministère de l’Éducation du Québec»). Est-il devenu rétrograde de proposer à nos jeunes des modèles de bon sens?

Mémoires programmées

 14 octobre 2023

Pourquoi vais-je parler de Mémoires programmées (Total Recall), le film américain de science-fiction réalisé par Len Wiseman, sorti en 2012, un remake de celui de Paul Verhoeven, sorti en 1990? Parce qu’il s’agit d’adaptations cinématographiques de la nouvelle Souvenirs à vendre (We Can Remember It for You Wholesale) de Philip K. Dick? Oui… mais non, pas cette fois! C’est pour un dialogue entre Matthias, le chef de la Résistance, et Carl Hauser, un agent secret amnésique qui ne sait pas qui il était, mais qui sait qui il veut être. Je le trouve d’actualité :
Houser – Je voudrais me rappeler.
Matthias – Pourquoi ?
Houser – Pour redevenir qui j’étais.
Matthias – Il est vrai que la quête de tout homme est de découvrir qui il est, mais la réponse se trouve davantage dans le présent que dans le passé. C’est ainsi pour chacun d’entre nous.
Houser – Oui, mais le passé nous indique notre parcours.
Matthias – Le passé est une construction de l’esprit. Il nous aveugle et nous leurre pour nous faire y croire. Le cœur veut vivre dans le présent, c’est là qu’il faut chercher.

La culture selon LCN

9 octobre 2023

Ce matin, jour d’Action de grâces, je déjeune en regardant à la télé « Le Québec matin» de LCN, et voilà que défile au bas de l’écran leurs deux nouvelles étiquetées CULTURE : 1. Marc Hervieux a une potentielle nouvelle relation amoureuse; 2. une actrice (qui n’est pas nommée) a une difficile relation avec sa mère.
C’est cela la CULTURE pour LCN ? Voyons si je peux trouver sur Internet une définition qui justifie d’accoler ce mot, CULTURE, aux états d’âme de nos vedettes québécoises.

plus «La culture selon LCN»

Souvenir d’un jubilé d’Élizabeth II

11 septembre 2022

La Société littéraire de Laval avait produit une exposition multidisciplinaire soulignant le jubilé de diamant d’Élizabeth II. 
Danielle Shelton, commissaire, artiste et autrice, les écrivaines Françoise Belu, Leslie Piché, Nancy R Lange, Francine Allard et Diane Landry, les écrivains Denis-Martin Chabot et Claude Drouin, ainsi que le calligraphe José Acquelin et le photographe R. A. Warren avaient relevé le défi d’évacuer leurs allégeances politiques pour s’intéresser à «la femme sous la couronne», d’où le titre de l’ensemble de la démarche artistique.
Les neuf installations et œuvres numériques explorent, en mots et en images indissociables, une gamme d’émotions jouées sans fausse note, allant de la compassion respectueuse à l’humour absurde.
OUVRIR LE PDF du tiré à part de la revue Brèves littéraires 86 (février 2013)

Crédit : installation de Danielle Shelton, La boîte de chocolats; texte de Françoise Belu, Pour faire le portrait d’une reine, pastiche du poème de Jacques Prévert, Pour faire le portrait d’un oiseau
Photo de l’installation : R. A. Warren

Du Grand Bleu à la La leçon de piano à un mur végétal

2 avril 2022

Le 30 mars, j’ai posté dans le Facebook de «Cinéma & Littérature» une nouvelle de Marthe Couder (une élève de mon atelier d’écriture, qui m’y a autorisée) dans laquelle elle fait un rapprochement (la noyade) entre deux films : Le Grand Bleu et Le Leçon de piano. Sa création littéraire s’intitule : «Il faut une bonne raison pour remonter».

Un membre du groupe, Robert Cervetti, m’a écrit (a-t-il réalisé que son mot ne s’adresse pas à moi, mais à Marthe?): «Magnifique texte. Vous êtes une rêveuse une romantique. Vous espérez l’absolu… Moi je n’ai croisé que des dauphins 😉et le metteur en scène Jacques Mayol à Marseille.»

Je lui ai répondu : «Il arrive qu’on croise quelque part quelqu’un d’inattendu, et que cela soit un beau moment. Un jour, j’ai croisé un homme vert, tout vert, des chaussures au cheveux. Il était devant son mur végétal du musée du quai Branly, le jour de l’inauguration. On a parlé, j’ai fait une photo. Je n’avais pas d’invitation, je suis entrée avec lui, Patrick Blanc, dans l’espace de Jean Nouvel. C’était comme au cinéma!»

J’aime l’imprévu des enchainements d’idées!

Les cailles en sarcophage de Babette

2 mars 2022

D’après une nouvelle de Karen Blixen.
Oscar du meilleur film en langue étrangère 1988.
Je me le remémore et je fouille dans mes carnets intimes.

Au XIXe siècle, Babette fuit la guerre civile et se réfugie au Danemark, dans une austère communauté luthérienne. Elle gagne à la loterie et utilise tout son gain pour cuisiner un somptueux repas qui réunit les sœurs Filippa et Martine qu’elle sert depuis quinze ans, leurs amis et un général de passage.

À table, le général parle d’une cuisinière, la chef d’un restaurant parisien qui «était capable de transformer un repas en une sorte de liaison amoureuse. Une relation si passionnée qu’on se prend à constater que l’appétit physique ne diffère en rien de l’appétit spirituel.» (Écrivant cela, je me sers un Beaume de Venise.) Le général se lève et dit : «Il arrive un jour où notre champ de vision augmente.» Filippa chante : «Vois le jour de nouveau se hâter. Et le soleil dans l’eau se baigner.» À la fin du repas, le groupe sort de la maison et Martine constate que «les étoiles se sont rapprochées un peu». Sa sœur Filippa réplique : «Peut-être se rapproche-t-elle un peu tous les soirs.» Babette cite alors l’ami commun, l’artiste lyrique Achille Papin : «Qu’on me donne la chance d’offrir la meilleur de moi-même.» (Là, je bois ma liqueur dorée.)

À Montréal, en complément du film, on pouvait déguster le Festin de Babette dans un grand restaurant à proximité de la salle de cinéma.

Un certain Christophe Aubert

Dimanche 27 février 2022

J’écris ce commentaire à la suite d’un post * d’un inconnu de Cinéma et Littérature.

«Christophe Aubert, je vous suivrai, j’aime ce que j’ai lu. Je vais revenir sur La route de Madison. Il y a dans ce film la scène la plus érotique du cinéma, de mon point de vue féminin – et peut-être la verrez-vous comme moi. 
Dans son bain, Francesca tend la main pour recueillir quelques gouttes d’eau que laisse échapper la pomme de la douche. Il avait été «là quelques minutes avant». Elle est «étendue là où l’eau avait coulé sur son corps». Et elle trouve cela «immensément érotique». Je trouve cela immensément érotique.
Je rappelle que la trame de ce film est le journal intime de Francesca, que ses enfants découvrent après son décès.»


*Post de Christophe Aubert
«L’autre jour, il y avait un commentaire d’une phrase à propos du film d’Eastwood «Sur la route de Madison» presque un graffiti : «film de nana», ou quelque chose d’approchant. Comme si les sentiments amoureux appartenaient à ce genre féminin. Je sais, pour ma part, que les sentiments amoureux auront été l’une des grandes affaires de ma vie, que longtemps je me serai levé tôt pour courir après. Et que maintenant que mon corps abandonne le terrain, je ne regrette certainement pas d’avoir couru autant. Les «nanas» auront été la passion de mon être, j’aurai été toute ma vie fasciné par la façon, ou plutôt les façons dont l’autre sexe se réarrange des vicissitudes, des émotions, des échecs, des envies, des doutes et des plaisirs qui traverse leurs vies de femmes. J’aurais aimé être petite souris pour les observer en secret, dans leur poche toute ma vie pour voir les leurs. Le roman, mais maintenant plus encore le cinéma, me permettent cela. Et hier soir je suis tombé à la télévision, sur Ciné + Club, sur un film charmant de 2021, en noir et blanc «Playlist», certainement parce que la réalisatrice Nine Antico vient du dessin et de la BD, qui met en scène ses journaux intimes féminins, avec ce comment font-elles et qu’espèrent-elles de l’amour que mon âme de petite souris adore. Son héroïne principale est jouée par Sara Forestier, qui fait admirablement la méduse face aux gifles et renversement de situation d’une vie sentimentale et professionnelle à ses débuts. Elle est accompagnée de Laetitia Dosch, dont la capacité à surnouer et emporter dans un monde parallèle chaque situation simple de prime abord, est exceptionnelle. Et puis de toute une ribambelle de types qui pourraient être le type, puis non, puis peut-être, puis non, puis oui en fin de compte…. Du bonheur en barre.»

Cinéma quand tu me tiens…

Samedi 26 février 2022

Me voilà prise dans le filet du groupe Facebook Cinéma & Littérature. C’est une chose réconfortante d’y recycler mes vieux articles de blogue, voire de commenter ce que certains membres écrivent sur des films que je connais, mais là, j’ai franchi ma barrière : j’ai posté deux articles inédits. Je ne suis pas en vacances, alors le temps, je le vole à ma télévision.

Hier soir, j’ai parlé de La Constance du jardiner. Ce film britannique réalisé par Fernando Meirelles d’après le thriller du romancier britannique John le Carré, a pour thème le scandale des tests de médicaments en Afrique noire. Sur ce drame inspiré de faits réels se greffe une histoire d’amour sans compromis. 
Tessa – Emmène-moi en Afrique avec toi.
Justin – Je t’emmènerais à quel titre?
Tessa – Ça m’est égal. Ce peut être en tant que maîtresse, flirt, femme… dis juste oui ou non.
Justin – Je ne sais pas, on se connaît à peine.
Tessa – C’est l’occasion de m’étudier.
Justin – De t’étudier? Alors, je…
La réponse, on ne l’entend pas, on la vit pendant 129 minutes. 
J’avais vu ce film en 2005, je me souvenais parfaitement de ce dialogue.

Et cet après-midi, j’ai écris au sujet du film C’est ça le paradis ? que j’avais enregistré sur Hélix. La direction photo poétique de cette comédie de l’absurde m’a séduite. Tout en demeurant quasiment muet dans le rôle principal, Elia Suleiman, le cinéaste palestinien – il est né à Nazareth – fait la démonstration que la Palestine, Paris et New York, c’est quelque part du pareil au même, autant rester chez soi!
Le film – prix spécial du jury à la 72e édition du Festival de Cannes – est une coproduction France, Qatar, Canada, Turquie, Palestine. Pourquoi le Canada ? Parce que les scènes new yorkaises ont été tournées à Montréal (j’ai reconnu les lieux, j’y vis).

Pour La Constance du jardinier, les J’aime, les commentaires et les partages sont nombreux. Mais pour C’est ça le paradis?, il a fallu 11 minutes avant d’avoir un premier J’aime (qui sera peut-être orphelin, qui connait ce film ?).

Emerson et le marshall Cole

dimanche 18 avril 2021

Je veux parler d’Appaloosa, le film réalisé en 2008 par l’acteur américain Ed Harris, dans la grande tradition du western. Une adaptation d’un roman de Robert B. Parker (2005). Et il y a plus, pour qui s’intéresse aux mots : le marshall Cole s’attèle au cours du film à la lecture des œuvres complètes de Ralph Waldo Emerson (1803-1882), le grand penseur de l’individualisme démocratique américain, qui a écrit :

«La société n’aime ni les réalités ni les créateurs, elle préfère les noms et les coutumes.»

« La solitude est impraticable, et la société fatale. Nous devons garder notre tête dans l’une et nos mains dans l’autre. »

Et moi, voilà que j’ai l’impression d’avoir déjà écrit cet article de blogue. Ou alors je ne l’avais pas encore fait et le sujet était demeuré dans ma tête. Il s’est rappelé à moi hier soir en regardant à la télé un autre western, sorti en salle en 2000, et où les dialogues et le titre du film participent à l’atmosphère intellectuel : De si jolis chevaux. Là encore, le scénario est adapté d’un roman éponyme, de Cornac McCarthy celui-là, publié en 1994.

J’aime un très grand nombre de films adaptés de romans.

Imaginer une histoire vraie

lundi 12 avril 2021

Hier soir, dans les nouveautés Illico, j’ai trouvé ce film, sorti en salle en janvier 2018, mais dont je n’avais eu aucun écho jusque-là. L’histoire vraie de Mark Hogancamp, un artiste et photographe qui, amnésique au réveil d’un coma, sublime la violente agression (en avril 2000) dont il a été victime en inventant un univers miniature (des maquettes habitées par des poupées (style Barbie et GI Joe), où il est un soldat américain sauvé par des femmes, alors qu’il est poursuivi par des nazis*.
* Une des raisons qui explique que ce film m’a fascinée dès les premières images : dans un de mes rêves récurrents, c’est la guerre de 1939-1945 et, comme lui, je suis poursuivie par des Allemands. Je n’élaborerai pas sur cette coïncidence…

Pour ajouter à sa démarche d’autothérapie, l’artiste collectionne des chaussures de femmes à talons, qu’il porte occasionnellement pour ressentir « l’essence » de la femme. Ses poupées en talons, féminines et guerrières, sont des sublimations des femmes de son entourage. Il y a aussi une sorcière qu’il ne se souvient pas avoir connu.

Un film extraordinaire donc, qui stimule mon imagination et m’incite à chercher des liens. Je découvre rapidement que :
1. les photos des drames joués par les poupées dans les décors miniatures sont exposés un peu partout (New York…) et publiées dans des magazines (New York Times…), et en grand nombre sur Internet (allez voir !);
2. le réalisateur de l’inoubliable Forrest Gump, Robert Zemeckis, s’est inspiré du documentaire Marwencol réalisé en 2010 par Jeff Malmberg, sur la vie et l’œuvre de Mark Hogancamp;
3. Marwencol est aussi un livre d’artiste signé par l’artiste, en collaboration avec Chris Shellen, et paru en 2015 (extrait sur Amazon).

Ainsi donc, le livre d’artiste (qui raconte l’histoire en mots et en images) arrive dans le processus entre le documentaire et le film classé comédie dramatique, alors que pour Mark Hogancamp (et moi), la vie continue…

L’argent et la littérature 2

mardi 29 décembre 2020

Le samedi 8 septembre 2018, j’avais repéré sur un vieux billet de 20 $ canadiens cet extrait de La Montagne secrète, un roman de Gabriele Roy : «Nous connaîtrions-nous seulement un peu nous-mêmes, sans les arts?» 
Sans raison, ce matin, je revisite mon blogue et je me demande s’il y a d’autres citations littéraires sur des billets de banque canadiens, voire à travers le monde. Et je trouve un billet de 100 $ canadiens mis en circulation en mars 2004, qui arbore à l’endos un extrait du poème Jacques Cartier in Toronto de Miriam Waddigton. Mais la reproduction du billet sur Internet rend le texte en partie illisible. Je crois avoir bien déchiffré les mots, sauf peut-être «sur sa voie». Je ne trouve nulle part le nom du traducteur.

plus «L’argent et la littérature 2»

Subrepticement, la culture

vendredi 5 juillet 2019
Je n’étais pas certaine de revenir un jour à mon blogue. Hier, j’en ai parlé à Marie-Philippe, l’ADN de la SODEP en visite à mon bureau. (ADN pour agent de développement numérique. SODEP pour Société de développement des périodiques culturels.) Et le hasard a joué ce matin avec mon naturel curieux.
Encore au lit – il est très tôt – j’écoute, tout en pensant à l’organisation de ma journée, RDI Matin. Une image apparait : sur une asphalte fissurée, les mots STUPEUR ET TREMBLEMENTS. Le commentateur, qui annonce le séisme de la veille en Californie, lit les mots et ajoute : «Vous aurez reconnu le titre d’un roman d’Amélie Nothomb.» Puis, on voit une vidéo : un extrait du film Tremblement de terre. L’extrait choisi montre une jeune femme qui s’accroche de toutes ses forces à un poteau pour ne pas glisser dans une faille. Le commentateur – bien documenté par un recherchiste allumé – dit : «Vous reconnaissez Geneviève Bujold, l’actrice québécoise, dans Earthquake (titre original) où elle joue aux côtés de Charlton Heston.»
J’aime ces infiltrations en douce de notre culture dans l’actualité.

Le mensonge de Sherlock Holmes

dimanche 10 février 2019
Il y a quelques jours, je me suis endormie sur le film Mr. Holmes, dont je n’ai vu conséquemment que le début. Hier soir, j’ai revu ce début et je me suis encore une fois endormie sur le divan de mon salon, mais je me suis réveillée pour les dernières minutes et j’ai tout compris. Enfin, je n’ai pas compris la même chose que les auteurs des résumés du film que j’ai trouvés ce matin sur Internet. Ils ne m’ont pas influencée dans ma compréhension du message du scénario, car ce que je vais écrire maintenant est la transcription des notes manuscrites griffonnées dans mon lit la nuit dernière.
Sherlock Holmes s’est retiré à la campagne où il est devenu apiculteur. Vieilli et déprimé, il se sent responsable du fait qu’une jeune femme venue le consulter, et à qui il avait dit la vérité, s’était peu après suicidée. Il repense à son défunt frère qui avait au Japon femme et enfant. Il leur écrit pour leur révéler que Mycroft était un courageux agent secret mort au Service de sa Majesté. Cette première et sans doute dernière «incursion dans le monde de la fiction» lui procure un sentiment réparateur de devoir accompli. 
Intéressant, mais bizarre. À cet instant, je cherche sur Internet en à savoir plus sur Mycroft et je lui trouve plusieurs destins et personnalités. Il faudra que je revois Mr. Holmes en après-midi ! Mais pas aujourd’hui, je suis invitée par mon fils et sa femme à la Tohu pour Songe d’une nuit d’été (sous moins 11 degrés).

Relativiser et raconter une autre histoire

lundi 1er octobre 2018
Ce matin, avec ma première gorgée de café, j’ai appris à RDI le décès de Charles Aznavour. Je me suis souvenue m’être trouvée dans les années 1980 à un endroit où j’étais certaine qu’il avait été là avant moi : au pied d’un panneau de signalisation dans le Sahara, celui d’une scène du film de guerre de 1961 : Un taxi pour Tobrouk.  Je ne parle pas de la murale en couleurs de Zagora (Tombouctou 52 jours de chameau), photographie incontournable des touristes, mais d’un simple écriteau qu’on découvrait dans les dunes sur la piste des caravanes, comme dans le film. Seulement voilà! le tournage s’était fait en Espagne, et non pas en Afrique du Nord où se déroule l’action, ce que m’apprend Wikipédia consulté in situ sur ma tablette électronique. En moins d’une minute, je relativise et je modifie mon «histoire personnelle». Et le mot «histoire» vient alors, comme par hasard, s’intégrer dans le contexte de la vie de ce monument disparu. Dans un extrait d’entrevue (je continue à boire mon café devant la télé), Aznavour dit au sujet de ses dernières chansons : «Le sujet est devenu moins important pour moi que la façon de raconter l’histoire.» La vie est une autofiction plus ou moins consciente.